ASSOCIATION

SUDHA MERO MAYA

     

LE MOT DE LA PRESIDENTE

 Mero naanée, mero maya ...

( Mon bébé, mon amour… )

 

   L'idée de créer l'Association s'est imposée avec force dès mon retour de Kathmandou, après un long parcours d'adoption dans le pays, seule, au cours duquel j'ai connu une histoire dans laquelle d'autres se reconnaîtront.

     Les obstacles,  les  moments   de  découragement se sont évanouis grâce à la petite fille  qui a fait de moi une Maman, chose qui ne pouvait se réaliser physiologiquement.

     20  mois après mon retour, le Népal est omniprésent dans ma vie quotidienne, car j'ai laissé derrière moi des enfants  qui m'ont touchée, des amis et des êtres attachants, et les images d'enfants des rues affamés, de femmes délaissées hantent encore ma mémoire.

     J'ai  vu,  dans  la  vallée  de Kathmandou, des enfants au bord des routes casser les unes  contre les autres et tailler des pierres pour construire des maisons, pour survivre et surtout manger.

     J'ai vu dans Thamel  des enfants des rues s'agripper  à ma  jupe en m'appelant par mon prénom., des billes  rondes  fixes  et  exaltées  de  cinq  gamins  en  guenilles, les pieds nus, devant les pâtisseries soldant les invendus à moitié prix, qui tendaient les mains avec ferveur. Il  y  avait  dans leur regard le reflet sinistre de la faim.

     Je revois ce gosse intrépide et malin qui m'arrache un billet des mains et me laisse plantée devant la carriole du marchand ambulant avec mon sachet de pop-corn pour s'enfuir dans le dédale des rues encombrées.

     Et puis je n'oublierai jamais la petite fleur fraîchement coupée, dans la cour de Bal Mandir, juste avant mon départ.

     Que  ce  soit  de ma vie dans les quartiers de Khaldara ou Thamel, colorés, avec leurs petits métiers de survie, ou  de  celle  de  Bal  Mandir où j'étais bénévole officielle durant des mois, je n'en oublierai jamais rien et je me devais de faire à mon tour quelque chose, même à petite échelle, pour ce pays qui m'a permis d'être Maman.

     Je  voudrais juste à travers les quelques mots qui suivent vous sensibiliser, quitte à  vous heurter, dans le bon sens.

     Nos  yeux sont une fenêtre sur le monde, ne les fermons pas. Ne réduisons pas notre champ de vision à notre environnement. Ne  nous  voilons  pas  la  face  pour  éviter d'être dérangés par un ailleurs terriblement injuste, inacceptable, douloureux. Chaque  pierre  posée pour l'édifice permet qu'on l'érige, aussi petite soit-elle. Hélas, beaucoup  d'entre  nous  pensent  que  '' Charité bien ordonnée commence par soi-même '', alors qu'au seuil de notre  porte des gens dorment dans la rue. Des structures sont en place chez nous, et des revenus minimum sont assurés  pour  la  plupart  des nécessiteux. Au Népal, la situation est critique et même désastreuse. On y compte plus de 5000  enfants dans les rues ! Lorsque je suis allée en Inde, j'ai reçu le choc le plus violent qui soit et j'ai cherché alors un mot plus fort et significatif que '' Pauvreté '', mais je n'ai trouvé que des termes comme Misère,

Besoin, Indigence, Nécessité, qui n'en sont que de sinistres déclinaisons.

     Dans  notre monde occidental, ils sont nombreux ceux qui thésaurisent dans le seul but de posséder et ainsi combler  on  ne  sait  quel  vide. Achetant le superflu, nous dépensons souvent sans compter afin d'obtenir des choses  qui ne nous sont pas vitalement nécessaires.

     Je  me  souviens  d'un chauffeur de taxi, en Inde, qui m'avait présenté sa famille dans un bidonville de New Dehli, parce qu'il m'avait vue pleurer en sortant d'un orphelinat où l'on m'avait empêché de prendre les enfants sans  mes bras. Il m'a offert de pouvoir enlacer les siens et tout le monde dans les ruelles s'est mobilisé pour me trouver  un  Coca-cola. Je  n'étais pas rassurée car lorsqu'on touche la misère des doigts elle fait peur tant elle est effrayante. Je lui ai demandé en partant ce qui lui ferait plaisir, il m'a avoué timidement qu'il rêvait d'une paire  de  baskets. J'ai mobilisé mes amis et je suis revenue 3 mois plus tard avec un grand sac plein de baskets alors qu'il croyait que je l'avais oublié.

     Car pour lui comme pour tous les habitants de cette contrée, les occidentaux ne tiennent jamais leur parole !

Notre  Association  tiendra  parole  afin  de  leur  apporter  une  existence plus décente et digne. Les premières lignes de la '' CHARTE DE L'ENFANT '' disent :

 

'' Tout enfant a un droit inhérent à la vie, et les états assurent au maximum sa survie et on développement ''

 

                                                                                    No comment...

 

 

 

                                                                                                                      Patricia Alglave

Pour nous contacter :

patricia.alglave@orange.fr